Madame la ministre, ne rien faire n’est pas une option pour le Québec!

Madame McCann,

Depuis plusieurs années, des acteurs et des experts de plus en plus nombreux se sont positionnés en faveur d’un régime public et universel d’assurance médicaments. De plus, il existe un fort consensus social et scientifique québécois pour l’instauration d’une assurance médicaments 100 % publique. Malgré cela, votre gouvernement répète qu’il refusera de participer à un éventuel régime national d’assurance médicaments public et universel, sous prétexte que le Québec a déjà son propre régime.

Or, le Québec ne peut se permettre de faire bande à part dans ce dossier. Notre modèle québécois d’assurance médicaments (privé-public) pose de graves problèmes, tant sur le plan social que sur le plan financier. Dans ce contexte, ne rien faire n’est pas une option! Ne rien faire, c’est accepter :

  • que le Québec paie ses médicaments 30 % plus cher que la moyenne des pays de l’OCDE;
  • que près d’une Québécoise et un Québécois sur dix n’ait pas les moyens de se procurer ses médicaments d’ordonnance;
  • qu’au Québec, des personnes doivent choisir entre manger ou acheter leurs médicaments;
  • que le Québec continue de dépenser plus que les autres provinces pour ses médicaments (1 144 $ par habitant au Québec contre 1 043 $ pour le reste du Canada et 713 $ pour la médiane des pays de l’OCDE);
  • que le prix des médicaments continue d’augmenter de façon incontrôlable (dépenses de 2,6 milliards en 1985 à 33,7 milliards en 2018 au Canada), plombant les finances publiques et les régimes d’assurance collective;
  • que dans les milieux de travail, le coût des assurances collectives privées qui ne cesse d’augmenter (6 à 12 % de la masse salariale au Québec) soit devenu un frein important à l’amélioration des conditions de travail;
  • que les Québécoises et les Québécois continuent de recevoir des factures différentes pour une même ordonnance selon qu’ils soient assurés au public ou au privé, ce qui pose des problèmes d’équité évidents.

Ne rien faire n’est pas une option pour le Québec. En tant que ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, je vous demande de prendre acte du consensus social et scientifique québécois en faveur d’un régime d’assurance médicaments 100 % public et d’agir dès maintenant pour une réforme de notre régime actuel, pour davantage d’équité dans l’accès aux médicaments et un meilleur contrôle des coûts. Il en va de notre santé, incluant celle de nos finances publiques.

cc. Le très honorable Justin Trudeau, Premier ministre du Canada
cc. L’honorable Patty Hajdu, Ministre de la Santé
cc. Monsieur Yves-François Blanchet, Député et Chef du Bloc québécois
cc. Monsieur Luc Thériault, Député de Montcalm, Bloc québécois, Dossier Santé et aide médicale à mourir
cc. Monsieur Jagmeet Singh, Député et Chef du Nouveau Parti démocratique
cc. Monsieur Don Davies, Député de Vancouver Kingsway, Nouveau Parti démocratique, Porte-parole pour la santé
cc. Madame Jo-Ann Roberts, Cheffe intérimaire du Parti vert du Canada
cc. Monsieur François Legault, Premier ministre du Québec
cc. Monsieur Pierre Arcand, Chef intérimaire du Parti libéral du Québec
cc. Madame Manon Massé, Monsieur Gabriel Nadeau Dubois, porte-paroles de Québec solidaire
cc. Monsieur Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois